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2-12-2020, 00:54 UTC
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La ville de Tabor en Bohême du sud
Par Astrid Hofmanova
"Le site n'étant pas entouré de remparts, Zizka a choisi un endroit près de la rivière, fortifié par sa position naturelle... Il l'a entouré de fortifications et ordonné que chacun se construise une maison comme il avait monté une tente." C'est ainsi que le chroniqueur Enea Silvio Piccolomini décrit la fondation de la ville de Hradiste au mont Tabor par le général des troupes hussites, Jan Zizka. La ville est née donc comme une forteresse, en vue de protéger ses habitants contre les ennemis, sur un plateau rocheux se dressant au-dessus du confluent du ruisseau Tismenicky et de la rivière Luznice. La naissance d'une ville au printemps de l'année 1420, elle aussi, se déroulait d'une façon exceptionnelle. Elle est liée au nom de Jan Zizka mais aussi à celui de Jan Hus, grand réformateur de l'Eglise catholique, mort sur le bûcher à Constance en 1415. Il est mort avant la fondation de la ville mais on peut le considérer comme son co-fondateur spirituel.
Les idées de Hus concernant la liberté de l'homme et sa conviction religieuse continuaient à se répandre dans la région. Ses disciples ont voulu mettre en pratique ses visions d'une société juste. A ces efforts répond aussi le nom qu'ils avaient donné à la ville - Tabor - le nom biblique d'un mont en Palestine. Bientôt, la ville est devenue le centre du mouvement hussite, tout en représentant, dans le cadre de l'Etat tchèque, une puissance politique indépendante avec sa propre économie et ses propres forces armées. Les habitants de la ville ne respectaient point ou seulement formellement l'autorité du roi de Bohême. Ce n'était, en effet, qu'en 1452 que Tabor capitulait devant les troupes de l'administrateur du pays Georges de Podebrady, pour reconnaître le roi.
Le XVe siècle apportait une période plus calme qui permettait un essor économique sans précédent. Nous lui devons la construction de plus beaux monuments architectoniques de la ville : l'hôtel de ville, symbole de la richesse et du prestige de la ville, la reconstruction de l'église de la Transfiguration du mont Tabor et la création du premier réservoir d'eau en Europe centrale appelé Jordan. Le remaniement du noyau historique continuait dans la période Renaissance au XVIe siècle. Les grands incendies, dans les années 1532 et 1559, ont détruit la majorité des maisons de bourgeoisie, mais, à part des tragédies personnelles, ils étaient à l'origine, aussi, de grands efforts de construction.
En 1547, la ville refusait d'accorder une aide militaire au roi de Bohême Ferdinand 1er dans son expédition contre les luthériens allemands. Le souverain habsbourgeois a puni rigoureusement la désobéissance des habitants, en leur confisquant leurs biens fonciers. En 1621, Tabor a reçu un autre coup de destin, elle a été pillée par les troupes du général Marradas, avant de devenir victime, en 1648, de l'armée suédoise. Au XVIIe siècle, l'arrivée de l'ordre des Augustins change radicalement la vie quotidienne et culturelle de la ville. L'architecte pragois d'origine italienne, Antonio de Alfieri, leur a construit un nouveau couvent. La période de la renaissance nationale est marquée par la construction du lycée moderne où l'on enseignait exclusivement en tchèque, une rareté dans la monarchie habsbourgeoise, et par la construction du musée municipal consacré au mouvement hussite avant tout.
Visitons maintenant les monuments historiques les plus intéressants de Tabor. Tout d'abord, l'hôtel de ville. L'un des plus beaux monuments tchèques, construit dans le style du gothique tardif, qui est l'oeuvre de l'architecte Wendel Roskopf de Lusace. Il s'agit d'une construction à quatre ailes entourant une petite cour au milieu. L'intérieur de la grande salle est décoré de sculptures représentant, entre autres, deux généraux célèbres des armées hussites, Jan Zizka et Prokop Holy. Les petites sculptures ornant les voûtes témoignent du sens de l'humour et de l'ironie de nos ancêtres.
La sculpture d'un homme avec le derrière nu et un geste éloquent est liée à une légende, selon laquelle, l'architecte de la salle s'est vengé ainsi aux magistrats avares de Tabor qui ne payaient pas bien son travail. Tandis que les nombreuses salles de l'hôtel de ville abritent des expositions sur le mouvement hussite, au rez-de-chaussée nous trouvons l'entrée des couloirs souterrains qui sont une rareté de Tabor, recherchée par des touristes. Le sous-sol de Tabor fut créé au XVe siècle par le creusement des caves au-dessous du noyau historique. Elles constituent deux à trois étages creusés parfois dans la profondeur de 16 mètres. Avec le temps, elles étaient reliées, pour créer un vrai labyrinthe qui, grâce à sa basse température stable, servait de dépôt de la bière, notamment, ou d'un abri sûr en cas de danger.
Le nom de l'église décanale de la Transfiguration du mont de Tabor, lui aussi, s'inspire de l'Evangile, selon lequel le mont Tabor, en Palestine, était le théâtre de la Transfiguration de Jésus-Christ devant les yeux de ses disciples.
Les fortifications de la ville, construites depuis le XVe siècle, témoignent du haut niveau du bâtiment militaire hussite. À l'époque de leur naissance, elles représentaient un système de fortification complexe qui n'avait pas son égal en Europe centrale et occidentale. Il présentait deux lignes de remparts. Après avoir franchi la première ligne, l'ennemi s'est retrouvé entre deux murs pour devenir la cible facile des défenseurs de la ville. Les remparts contenaient aussi des bastions et tours, dont le bastion Zizka conservé jusqu'à nos jours. La grande partie des remparts a été démolie au XIXe siècle.
La tour Kotnov, appelée d'après le fondateur du château de Tabor, domine le plus vieux monument architectonique de la ville - le château Hradiste. Ses premières mentions datent de 1370, mais selon les historiens, le château fut fondé au XIIIe siècle, sous le règne du roi de Bohême, Premysl Otakar II. Depuis un grand incendie, en 1532, le château jouait un rôle économique notamment et abritait aussi la prison municipale. Au XVIIe siècle, il a été transformé en une brasserie. De la tour Kotnov, il y a une belle vue de la ville.
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