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2-12-2020, 00:58 UTC
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L'église Saint-Thomas à Prague
Par Astrid Hofmanova
L'église Saint-Thomas appartient à l'ordre des Ermites-de-Saint-Augustin, introduit à Prague par Venceslas II en 1285. Adversaires acharnés du mouvement hussite, les augustins virent leur couvent brûler en 1420. Il fut reconstruit à la fin du XVe siècle et brûla une seconde fois dans l'incendie de 1541. L'église actuelle construite dans le style baroque est l'oeuvre de Kilian Ignac Dientzenhofer qui y travailla de 1723 à 1731. Le couvent abritait la brasserie U Tomase. Aujourd'hui encore, on boit sous ses voûtes une bière brune réputée.
La façade de l'église Saint-Thomas est l'une des plus spectaculaires de Prague. Donnant sur une ruelle qui interdit le recul, elle adopte un profil extrêmement puissant et sculptural, digne de l'oeuvre de Dientzenhofer qui en a dessiné les plans. La statue de saint Augustin, placée au-dessus de l'entrée, est de Hiéronymus Kohl, de même que celle de saint Thomas du portail sud.
L'intérieur de l'édifice offre le même caractère que son extérieur, à mi-chemin du monumental et du raffiné. Les arcades de la nef et les pilastres scandent l'espace avec l'autorité; mais Dientzenhofer traite les tribunes avec le soin d'un orfèvre: chapiteaux corinthiens dorés, cartouches, stucs délicats, frontons richement moulurés Les voûtes sont ornées de peintures de V.V.Reiner et de son atelier; elles représentent la vie de saint Augustin. Parmi les oeuvres sculptées les plus intéressantes, figurent les créations des Quitainer, père et fils. Du père, Ondrej Filip, on peut voir saint Guy, sur l'un des autels du bas-côté gauche, avec un coq comme emblème.
Le maître-autel est l'oeuvre de Dientzenhofer. Les tableaux Martyre de saint Thomas et Saint Augustin et l'Enfant sont des copies de Rubens dont les originaux sont conservés au palais Sternberk. Johann Anton Quitainer - le fils - réalisa les deux anges monumentaux qui présentent le retable principal; les saints patrons sortent de l'atelier Brokof et furent achevés par son collaborateur Ignac Müller.
Le sujet de Saint Augustin et l'Enfant constitue une belle méditation sur le savoir et représente une des iconographies légendaires les plus fréquentes du saint, à partir de la Renaissance. Celui-ci se promène au bord de la mer et rencontre un enfant occupé à transvaser l'eau de la mer à l'aide d'un coquillage, dans un trou creusé dans le sable. Le saint s'étonne mais l'enfant - qui est en fait un ange - répond: "Il me serait plus facile de faire entrer la mer dans ce trou que pour toi d'expliquer la plus petite partie du mystère de la Trinité".
Visitons maintenant le cloître Saint-Thomas. On trouve facilement son entrée, à gauche de l'entrée principale de l'église. Cet univers paisible et silencieux tranche avec l'agitation de la très proche place de Mala Strana. Les anciens bâtiments du couvent abritent désormais une maison de retraite. Une halte sur les quelques bancs installés au centre du cloître invite à contempler les lignes pures du bâtiment blanc; c'est peut-être ce que l'on peut trouver de plus reposant dans cette cité de plus en plus palpitante.
Les visiteurs favorisés par le sort parviendront peut-être à accéder à la chapelle Sainte-Barbe, dont les entrées, marquées par des portails Renaissance exécutés en 1596 par Bernardo de Alberto, se situent au milieu de l'aile est du cloître. La chapelle a échappé à la baroquisation et a gardé son caractère gothique originel. Le très beau retable de Joseph Heintz l'Ancien représente la Vierge avec sainte Barbe, sainte Catherine et des anges.
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