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2-12-2020, 00:53 UTC
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Château de Karlstejn
Par Jaroslava Gissubelova
Le 10 juin 1348, l'archevêque pragois, Arnost de Pardubice, en présence de l'empereur, a posé la première pierre de ce château, construit d'après les plans de Mathias d'Arras.
Situé à 28 km au sud-ouest de Prague, le château fort gothique de Karlstejn, réputé pour être le plus beau de Bohême, se dresse sur quatre terrasses rocheuses au-dessus de la rivière Berounka. Plusieurs ensembles architectoniques ont été créés dans le cadre d'un plan trapézoÍdal à quatre terrasses, peu habituel dans notre pays. La mission exceptionnelle de la construction se reflète dans la configuration à trois niveaux: au-dessus du palais burgrave, situé le plus bas, se trouve le palais Impérial, un peu au nord se dresse la tour dite petite, l'église Notre-Dame avec la chapelle Sainte-Catherine, et l'oratoire royal privé. Cette petite tour est reliée par un pont avec le donjon, qui constitue la dominante et le noyau même du château et pour cela, il a sa propre fortification. C'est là, au deuxième étage de ce donjon, que se trouve la chapelle St. Croix qui, jusqu'en 1420, abritait les joyaux de la couronne de Bohême. L'empereur Charles IV participait en personne à la conception et à la réalisation du château qui, non seulement par son nom - château de Charles - est devenu un symbole de sa personnalité. Charles en a fait un de ses lieux de résidence préféré, interdite, selon la légende, aux femmes.
Déterioré, en 1648, par les Suédois, le château doit son aspect actuel à un remaniement réalisé dans les années 1887-99 par l'architecte Josef Mocker. La partie la plus précieuse du château, dont on dit même que c'est à cause d'elle que toute la construction était entreprise, est la chapelle St. Croix. Son ornement correspond à sa mission d'être un abri des joyaux de couronnement, y compris la couronne St. Venceslas, et d'un précieux ensemble de reliques de saints, dont Charles IV était un collectionneur passionné. Déjà en 1365, le chroniqueur tchèque, Benes Krabice de Weitmile, a écrit dans sa chronique: "L'empereur a fait construire dans la tour supérieure une grande chapelle, dont les murs sont incrustés de l'or pur et de pierres précieuses, ornés de reliques de saints, et de tableaux d'immense valeur. Dans le monde entier, on ne trouverait pas une chapelle si somptueusement décorée, et c'est juste, puisque l'empereur y garde les insignes de couronnement."
L'ornement de la chapelle St. Croix produit vraiment un effet impressionnant. Edifiée en forme rectangulaire, la voûte de la chapelle imite le ciel où brillent des étoiles. Cet effet est atteint par des feuilles dorées par lesquelles la voûte est recouverte et de laquelle sortent les étoiles, le Soleil et la Lune. L'ornement intérieur est divisé en parties picturale et non-picturale. Cette dernière est formée d'une bande inscrustée de 2400 pierres précieuses encadrées en forme des croix. Au-dessus des murs recouverts des pierres précieuses se trouvent 129 figures monumentales des personnages de saints, d'apôtres, de souverains, de chevaliers et d'évêques de grandeur nature. Comme si toute une armée céleste de Jésus-Christ était présente ici, pour garder les trésors du royaume de Bohême.
L'ornement original de la chapelle est l'oeuvre même de l'empereur Charles: à son origine se trouvait une vision, une image de Jérusalem, que Charles IV avait eue et d'après laquelle est née l'idée de la chapelle en tant que ville céleste. L'incarnation de cette vision a été confiée au Maître de la cour royale, Théodoric, dont le nom est mentionné dans les annales déjà en 1359. Sous la conduite du roi, Théodoric a créé le plus grand complexe de peintures sur panneaux en bois qui se soit conservé au monde de la période gothique. Par son oeuvre, ce Maître occupe une place exceptionnelle dans l'histoire de la peinture médiévale: il surmonte déjà le caractère linéaire de la peinture, en employant les moyens d'expression picturaux purs, et en créant un nouveau style appelé doux. Le résultat en est une peinture produisant l'effet d'un corps parfaitement matériel, mais à la fois illusoire.
Cet effet est dû à un poinçonnage d'or en relief, aux attributs plastiques et à la peinture qui, au fond, enjambe sur le cadre. La peinture est faite sur panneaux en différents bois, dont la hauteur dépasse plus d'un mètre. La clareté des couleurs est due à une couche de fond blanche que ce Maître utilisait. Quant à la richesse d'ornement, elle est accentuée par d'épaisses feuilles d'or que certains panneaux portent encore et dont ils étaient tous enveloppés à l'origine, en signe de la richesse du royaume. Certains panneaux portent, en plus, des châsses reliquaires, car, nous l'avons dit, Charles était grand collectionneur de reliques. Un climat particulièrement favorable que l'endroit possède grâce au génie des bâtisseurs a permis que les panneaux se soient conservés jusqu'à nos jours. Depuis les années 80, la collection subit une restauration complexe. A l'heure actuelle, 80 tableaux déjà restaurés sont exposés au couvent St. Agnès, appartenant à la Galerie nationale.
Il n'est pas sûr si les panneaux de Théodoric, une fois ramenés à la chapelle St. Croix, seront accessibles au grand public, vu l'immense valeur qu'il faut conserver pour les générations futures. De temps en temps, la Galerie nationale en organisera une exposition. Elle envisage aussi de faire des copies de certains tableaux qui seraient exposés dans ses salles.
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