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L'image de Saint-Nicolas comme un Saint qui, la veille de sa fête, porte
les cadeaux aux enfants sages, leur fait répéter des prières et des
extraits de la bible, est typique pour les pays catholiques.
Aujourd'hui, la pratique est un peu différente: Saint-Nicolas demande
aux parents si les enfants étaient obéissants et, d'après la réponse, il
leur fait des cadeaux - du chocolat, des fruits et des friandises.
Saint-Nicolas ne va jamais seul, il est accompagné du Père Fouettard,
vêtu de fourrure noire et muni de tous les accessoires indispensables:
cornes, longue langue rouge, queue, fouet et chaîne. Son contraire,
l'Ange en robe blanche, à l'étoile d'or brillante sur le front, est là
pour protéger les enfants.
La vie et les actes de Saint-Nicolas sont entourés de légendes. Selon
l'une d'elles, saint Nicolas est né vers l'an 250 ou 260 au sud-ouest de
l'Asie Mineure, dans la ville de Patara, au sein d'une famille de riches
chrétiens pieux. Après la mort de ses parents, il a tout donné aux
pauvres. La légende racontant sa générosité est devenue tout
particulièrement répandue: un certain pauvre père et ses trois filles
vivaient autrefois à Patara, et puisque le père s'est endetté, il ne lui
restait qu'à vendre ses filles dans une maison close. Lorsque
saint Nicolas l'a appris, il allait, pendant trois nuits consécutives,
lui jeter par la fenêtre de la chambre à coucher de l'argent, avec
lequel le père avait eu, non seulement de quoi rembourser ses dettes,
mais aussi de quoi pourvoir ses trois filles de dots. Pour éviter la
reconnaissance des habitants de sa ville natale, saint Nicolas s'est
enfui en Terre Sainte. De retour de Palestine, saint Nicolas fut nommé
évêque de Myra. Avant qu'il ne le fût, l'ange avait fait son apparition
à Myra, ordonnant d'appeler au siège épiscopal le premier homme qui, le
lendemain matin, mettra les pieds à l'église. Ce premier homme, c'était
saint Nicolas rentrant chez lui. Au départ, il avait beaucoup souffert à
cause de sa conviction chrétienne, car l'empereur régnant, Dioclétien,
poursuivait cruellement les chrétiens: il fut arrêté et contraint à
vivre un certain temps en exil. Seulement, en 313, l'empereur Constantin
allait établir la liberté religieuse.
Saint Nicolas retourna donc comme évêque défendant avec ardeur le
christianisme et oeuvrant en faveur de sa propagation. Au nombre de ses
autres actes, l'aide aux marins et aux pêcheurs en détresse, et la
résurrection de trois soldats condamnés injustement et de trois garçons
assassinés. Saint Nicolas assurait également de la nourriture aux gens
souffrant de la famine, en multipliant miraculeusement la récolte de
blé, grâce à quoi tout le monde avait suffisamment de pain. Il
protégeait les veuves, les enfants, toutes les personnes lésées et
poursuivies.
Avant sa mort, saint Nicolas s'était rendu auprès du Saint-Père à Rome,
et, sur le chemin de retour, il s'était séjourné dans la ville de Bari
en Italie méridionale, où on a plus tard transféré ses ossements.
Saint Nicolas est mort à l'âge de 90 ans environ et il fut enterré à
Myra. Des miracles n'ont cessé de se produire même après sa mort -
deux sources d'eau aux effets curatifs miraculeux avaient jailli sur sa
tombe. Saint Nicolas ne cessa d'aider non seulement les chrétiens
fidèles, mais aussi ceux qui n'ont pas reçu de baptême, et venaient lui
demander une aide.
En République tchèque, 124 églises lui sont consacrées. Parmi les plus
connues et les plus importantes, l'église Saint-Nicolas dans le quartier
pragois de Mala Strana, qui est l'une des plus précieuses constructions
baroques.
Le culte de saint Nicolas se propageait depuis le 6ème siècle, où il
était vénéré comme protecteur des chrétiens devant les mécréants. En
Europe, ce culte a pénétré par des voies commerciales et grâce aux
pèlerins faisant le pèlerinage à la Terre Sainte. Dans les villes
nord-européennes, le culte a été propagé par des marins normands. En
Europe occidentale, le nord de la France en est devenu le centre
culturel le plus connu. C'était là que saint Nicolas allait devenir
protecteur des élèves, d'abord dans les monastères et peu après aussi
dans les écoles laîques. L'image de saint Nicolas - évêque, patron et
protecteur, se propageait du nord de la France en direction de l'est et
en même temps aussi au nord des Alpes, pour s'enraciner au 12ème siècle
en Allemagne, d'où il avait continué à se répandre en Europe centrale.
Au 15ème siècle, ce culte a été diffusé dans l'Europe entière, ayant été
adopté par les Eglises grecque, orthodoxe et latine.
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