Émissions internationales de la Radio tchèque 
11-8-2020, 10:17 UTC
L'évolution de l'opinion du Président Vaclav Havel sur l'Alliance nord-atlantique
 
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Avant de devenir Président de Tchécoslovaquie, Vaclav Havel avait signé, en mars 1985, en tant que dissident et signataire de la Charte 77, l'appel dit de Prague. Entre autres, les auteurs du document suggéraient :

"Nous proposons donc que l'Alliance nord-atlantique et le Pacte de Varsovie commencent le plus tôt possible des négociations sur la dissolution de leurs organisations militaires, sur le retrait et l'enlèvement de toutes les armes nucléaires mises en place en Europe ou visant l'Europe, et sur le départ des unités des armées des USA et de l'URSS des territoires de leurs alliés européens."

Le Secrétaire général de l'OTAN, George Robertson et le Président Vaclav Havel C'était l'époque où l'idée que le Pacte de Varsovie puisse être dissout de l'intérieur était pratiquement impensable. Il convient donc voir les idées de Havel de ce point de vue. Les opposants conservateurs à Michaïl Gorbatchev en Union soviétique se sont toujours efforcés de prendre le dessus et les dissidents tchécoslovaques ne voulaient pas aggraver les divergences sur les réformes en cours à Moscou. Même lors des premiers jours consécutifs à la chute du communisme en Tchécoslovaquie, au mois de novembre 1989, Havel avait continué à soutenir la dissolution de l'OTAN. Le 16 décembre 1989, deux semaines avant son élection à la tête de la Tchécoslovaquie, il avait déclaré :

"Je pense qu'à l'avenir nous allons vivre dans une Europe libre et paisible, sans blocs politiques."

Après avoir été élu président, Vaclav Havel avait vite commencé à changer d'avis, surtout après l'auto-dissolution du Pacte de Varsovie. Il avait trouvé de plus en plus difficile d'être vu comme un opposant de l'OTAN. En novembre 1990, alors que la Tchécoslovaquie était de facto et toujours membres du Pacte de Varsovie, il n'était pas allé aussi loin pour soutenir l'entrée de son pays à l'OTAN ; il ne parlait plus de la nécessité de dissoudre l'Alliance nord-atlantique.

"Nous considérons que l'OTAN est un pilier de la sécurité européenne, d'où le système futur de sécurité européenne peut émerger".

Vaclav Havel était le premier président des pays de l'ancien Bloc de l'Est, qui, en mars 1991, avait visité le siège de l'OTAN à Bruxelles. Il avait commencé son intervention par ces mots :

"Depuis ma jeunesse j'ai entendu dans mon pays de tous les lieux officiels et des médias une seule chose sur l'Alliance nord-atlantique: qu'elle est une forteresse du capitalisme et la personnification même du diable qui menace la paix et qui veut nous détruire".

Le président Havel n'a pas caché son changement d'attitude envers l'OTAN. Vers la moitié des années 90, il était l'un des plus ardents défenseurs de l'admission de la République tchèque à l'OTAN et il le fera activement valoir jusqu'à 1999, date de l'admission. En septembre 1998, il avait déclaré dans un entretien :

"Si le Européens veulent saisir l'occasion pour créer une paix plus juste qu'ils n'ont jamais eue de toute leur l'histoire, ils doivent se baser sur la réalité et s'efforcer d'élargir l'Alliance en tant qu'unique structure de défense et de sécurité en fonctionnement".