Émissions internationales de la Radio tchèque 
24-8-2019, 14:43 UTC
La musique médiévale sur le territoire tchèque
 









Ce n'est qu'aux alentours de 830, époque marquée par l'arrivée du christiannisme sous l'action des missionnaires allemands, qu'il nous est possible de suivre avec certitude l'histoire de la musique sur les territoires tchèque, slovaque et polonais, peuples dont les destins politique et culturel sont intimement liés. Le prince Rastislav s'était alors efforcé de contrecarrer l'influence des missionnaires allemands en faisant venir, en 863, les frères slaves évangélisateurs Cyril et Méthode. A leur arrivée, ces derniers entreprenèrent d'introduire la liturgie chantée en vieux slave qui, à la différence de la liturgie en latin, était compréhensible pour le peuple profane. Finalement, bien que la chute de l'empire de Grande-Moravie entraînât la réinstauration de la liturgie en latin, le chant en vieux slave resta inscrit dans la mémoire du peuple.

Le manuscrit du chant 'Hospodine, pomiluj ny! Dans la région tchèque, le chant religieux est représenté par des monuments d'une valeur exceptionnelle. Il s'agit avant tout de Hospodine, pomiluj ny !, qui est sans doute le chant religieux populaire le plus ancien et le plus fidèle à la version originale conservé jusqu'à aujourd'hui. Historiquement, la première mention sur le chant remonte très probablement à 1055, on la retrouve dans la chronique de Kosmas. Le chant Saint Venceslas, dont le chroniqueur Benes Krabice de Veitmile parle comme d'un chant connu depuis toujours, est un autre monument conservé. Il fut sans doute composé à la fin du XIIIe siècle.

Déjà chez les premiers chroniqueurs, comme Kosmas, on parle en de diverses occasions de chants populaires profanes ainsi que de musiciens de profession. L'orientation politique et culturelle a ouvert la Bohême et la Moravie à l'art chevaleresque allemand - dit minnesäng (de là le mot Minnesänger pour désigner les chanteurs et les musiciens de cette époque).

La réforme tchèque est devenue une époque célèbre du chant religieux. Déjà à la chapelle de Bethléem, le Maître Jan Hus avait un souci permanent du chant populaire. Une vieille tradition fait d'ailleurs de lui le compositeur des chants. Le recueil de cantiques de Jistebnice lui attribue des chansons comme Jezu Kriste, stedrý knize, Navstiv nás et Kriste záducí. Parmi les contemporains de Jan Hus, Jeroným Prazský est présenté comme un autre compositeur de chants. Le monument essentiel du chant hussiste est le recueil de cantiques de Jistebnice déjà mentionné ci-dessus qui fut composé dans les années vingt du XVe siècle. Il comporte des chants de messe, des vêpres, ainsi qu'une collection de chants de guerre et de chants religieux. Le seul auteur que nous connaissons par son nom est le prêtre Jan Capek de Tábor.