Émissions internationales de la Radio tchèque 
21-5-2019, 02:28 UTC
Radio Prague - 65 ans
  La période dite de normalisation

Carte QSL des années 70 / l'abréviation OLR fut utilisée avant la guerre par l'émetteur ondes courtes de Podebrady/. La présence des soldats soviétiques et les mesures consécutives, prises dans tous les domaines de la vie publique, laissaient percevoir que les partisans de la ligne prosoviétique seraient les vainqueurs, et que la lutte pour le caractère de l'Etat tchécoslovaque était perdue. C'est le début d'une période de 20 ans, appelée la normalisation. Les premières instructions de l'Office pour la presse et les informations, créé par le gouvernement, sont éloquentes: "Ne diffuser rien de ce qui pourrait être interprété comme une critique de l'Union soviétique, des pays du traité de Varsovie et de leurs armées, ne pas utiliser le terme occupation de la Tchécoslovaquie, ne pas informer des activités du Conseil de sécurité de l'ONU, ne pas diffuser les informations sur les dégâts occasionnés par le séjour des armées soviétiques, ou celles sur les morts et blessés." Peu de temps passa, et ceux qui s'étaient engagés dans le processus du renouveau, le Printemps de Prague, furent, peu à peu, écartés de la vie publique.

Carte QSL des années 70 Avant 1970, plusieurs centaines de personnes quittèrent la Radio tchécoslovaque, beaucoup de leur propre gré. Radio Prague fut l'une des plus frappées: sur 350 employés, plus de 150 partirent, d'autres furent licenciés au début des années soixante-dix. Pratiquement, tous les employés aux postes dirigeants furent remplacés. Des bureaux du personnel veillaient à ce que ces postes aient été occupés par des cadres politiquement sûrs.

Dans les années 1968 - 1970, des changements d'organisation fondamentaux furent opérés à la Radio tchécoslovaque. Leur but était de faire en sorte que "dans des conditions nouvelles, les émissions internationales deviennent un instrument efficace de la propagande étrangère du parti communiste et de l'Etat socialiste." Il s'agissait de renforcer la centralisation au niveau de la gestion et des programmes: Les rédacteurs perdent le peu de liberté créatrice dont ils jouissaient dans les années soixante. Beaucoup de programmes et de chansons se retrouvent sur une liste noire. Le département de monitoring, subordonné directement au comité central du parti communiste, devient une partie intégrante de Radio Prague. Sa tâche était d'écouter les radios étrangères émettant en tchèque, notamment Radio Europe libre, la Voix de l'Amérique et la BBC, et de rédiger des comptes rendus pour les dirigeants du parti et du gouvernement.

Carte QSL des années 70 En 1972 fut créé "L'Interprogramme" de Radio Prague - un programme spécial en plusieurs langues, à destination de l'Europe occidentale. C'était un bloc de musique de cinq heures interrompu tous les 15 minutes par les informations en tchèque/slovaque, en allemand, en français et en anglais. Plus tard, sa durée fut prolongée et les langues élargies au russe. Les émissions de l'Interprogramme étaient diffusées en ondes courtes et moyennes et, depuis 1976, en FM, ce qui permit de les capter sur le territoire de la Tchécoslovaquie. Dans le pays, l'auditoire devient assez important, en raison de la musique diffusée, bien que l'Interprogramme ait été destiné, en premier lieu, aux étrangers.

Les émissions vers l'étranger prirent de l'ampleur, dans les années soixante-dix: De 29 heures par jour, en 1970, à 37 heures, en 1978. Le nombre de lettres parvenant à Radio Prague augmente, lui-aussi. En 1970, Radio Prague en reçoit 88 000. Cette tendance culmine en 1976, avec près de 137 000 lettres.

Dans les années quatre-vingts, les émissions vers l'étranger continuaient sans grand changement de forme et de contenu. En 1981, la rédaction polonaise, orientée contre le mouvement Solidarité, fut créée. Diffusant, d'abord, une heure par jour, elle allait s'intégrer aux émissions de l'Interprogramme. Ce chapitre honteux ne fut clos qu'en 1986. Au début de 1988 - 12 ans après la signature de l'accord d'Helsinki - l'activité des émetteurs de brouillage prit fin, signe d'un léger réchauffement politique connu sous le mot russe "perestroïka."


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