Émissions internationales de la Radio tchèque 
8-12-2016, 02:03 UTC
Radio Prague - 65 ans
  Le Printemps de Prague

Dans la seconde moitié des années soixante, la Tchécoslovaquie vit une courte période de dégel et de libéralisation partielle. Une partie des politicienscommunistes et les médias se placèrent à la tête d'une tentative de réformer le socialisme. L'esprit réforma- teur s'établit, aussi, à la Radio tchécoslovaque.

La rédactrice Olga Szantová "L'atmosphère a été incontestablement plus détendue", se souvient le journaliste Jiri Hanák, dans les années soixante commentateur de Radio Prague. "Ceci s'est reflété le plus dans la production centrale des programmes - il était possible de décrire la situation en Tchécoslovaquie telle qu'elle était. Ce climat a marqué aussi nos commentaires de politique étrangère." Les souvenirs d'Olga Szántová, dans les années soixante rédactrice du service américain, sont semblables: "Une certaine détente s'est surtout manifestée dans la création des programmes sur la Tchécoslovaquie, que les rédactions diffusant en langues étrangères traduisaient ou qui étaient envoyés à l'étranger. La Radio russe a même refusé de diffuser ces programmes, en 1968. Le travail nous a intéressés, il était plus varié, nous avons fait beaucoup d'enregistrements sur le terrain. En revanche, le style de travail n'a guère changé. Tous les textes étaient soumis à l'approbation du rédacteur en chef et présentés, ensuite, aux responsables de l'Administration principale du contrôle de la presse. Ceux-ci y apposaient leur cachet "HSTD". Parfois, cela faisait rire, car ces gens ne parlaient souvent pas les langues étrangères, mais sans le cachet, le texte ne pouvait pas être diffusé. Malgré cela, l'autocensure était toujours forte. Nous étions bien conscients de ce que nous pouvons nous permettre d'écrire et de diffuser. La censure, sous forme de cachet HSTD, n'a été abolie qu'en 1968. Après l'écrasement du Printemps de Prague, une approbation des nouveaux chefs a été de nouveau obligatoire. Mais cette période, je ne l'ai pas vécue longtemps, car peu après 1968, je me suis fait renvoyer".

Les alentours de la Radio tchécoslovaque, en août
1968 L'envahissement de la Tchécoslovaquie par les troupes du pacte de Varsovie, dans la nuit du 21 août 1968, mit fin au Printemps de Prague. La rédactrice du service américain d'alors, Cecile Krizova , se souvient que tout commença le 21 août, au matin: "J'ai été parmi ceux qui ont eu la chance de pouvoir venir à la Radio, car des rues et certains ponts ont été barrés. J'ai diffusé les informations sur l'entrée forcée des troupes du pacte de Varsovie que personne n'avait invitées et j'étais en train de céder la parole à mon collègue français. Tout à coup, la porte du studio s'est ouverte. Un soldat de haute taille, en uniforme poussiéreux, m'a visé de sa mitraillette et m'a crié: « Dehors »! Je lui ai répondu que j'étais sur le point de partir. C'est ainsi qu'a pris fin mon travail de 19 ans, à Radio Prague. L'interview que j'avais enregistrée, la veille, avec l'actrice américaine Shirley Temple, n'a jamais été diffusée. Peu après, je suis partie pour les Etats-Unis."

En août 1968, la situation du mois de mai 1945 se répéta de façon presque identique. Le 21 août, au matin, on diffusa la déclaration de la présidence du comité central du parti communiste de Tchécoslovaquie, désapprouvant l'entrée des armées du traité de Varsovie sur le territoire tchécoslovaque. Devant la Radio, des Pragois se rassemblaient. Les affrontements firent les premières victimes. Les façades des maisons en face de la radio portent, jusqu'à présent, les traces des tirs, rappel des dommages causés par les soldats soviétiques. A 8 heures du matin, la Radio fut occupée. Les émissions des studios réguliers furent coupées. On réussit à continuer à partir des studios que les soldats soviétiques n'arrivèrent pas à découvrir. Le lendemain, les émissions furent déplacées en dehors du bâtiment principal de la Radio tchécoslovaque, y compris celles de Radio Prague, réduites à des programmes de dix minutes pendant lesquels on diffusa les informations en tchèque/slovaque, en anglais, allemand, français et espagnol. Les émissions clandestines durèrent jusqu'au 9 septembre. Ce jour-là, les soldats soviétiques quittèrent le bâtiment de la Radio et les émissions régulières purent reprendre.


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