Émissions internationales de la Radio tchèque 
13-12-2019, 20:56 UTC
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La République tchèque et l'Union européenne


On parle souvent de la République tchèque en tant que pays de l'Europe de l'Est, alors que Prague se trouve plus à l'ouest que Vienne. Il convient aussi de rappeler que la Tchécoslovaquie démocratique était l'un des pays industrialisés les plus développés du monde, avant la Seconde Guerre mondiale. La Tchécoslovaquie, en commun avec les autres satellites de l'Union soviétique, fut coupée de la partie occidentale du continent européen, en raison de la guerre froide.
La chute des régimes communistes, à la fin de l'année 1989, fut considérée comme une nouvelle occasion pour l'unification de l'Europe. Cet objectif est toujours d'actualité. En République tchèque, on parle souvent du « retour en Europe ». Grâce à sa position, au coeur de l'Europe, la République tchèque cultive des liens avec ses anciens partenaires de l'Europe centrale et de l'Est, ainsi qu'avec les Etats de l'Europe de l'Ouest.
L'adhésion de la République tchèque à l'Alliance de l'Atlantique Nord, foto: ÈTKL'adhésion de la République tchèque à l'Alliance de l'Atlantique Nord, foto: ÈTK
L'adhésion de la République tchèque à l'Alliance de l'Atlantique Nord, en commun avec deux autres membres de l'ancien Pacte de Varsovie, la Hongrie et la Pologne, en mars 1999, est un moment historique dans l'histoire moderne tchèque. En sa qualité de membre de l'OTAN, la République tchèque contribue à la stratégie commune de sécurité de l'Alliance et joue un rôle actif dans la création de l'architecture générale de sécurité sur le continent européen.
Le prochain pas important de la République tchèque, sur son chemin du « retour en Europe », sera son adhésion à l'Union européenne. Pendant la durée de la guerre froide, Le Conseil d'Assistance Economique mutuelle, dont la Tchécoslovaquie était membre, et la Communauté européenne (l'appellation de l'Union européene à cette époque) ne se reconnaissaient pas mutuellement et n'avaient conclu aucun accord. La voie de relations diplomatiques normales, entre l'U.E. et le CAEM, fut ouverte par une déclaration commune sur la reconnaissance mutuelle, en juin 1988. La chute des régimes communistes, en 1989, créa de toutes nouvelles conditions. Au début, on assista à la naissance de toute une série d'accords bilatéraux sur la coopération, qu'on appela les accords de la « première génération ». A partir de 1991, on commença à signer des accords plus larges entre l'Union européenne et les anciens Etats communistes : les Accords d'association, ou Accords européens. La République tchèque signa l'Accord d'association à Bruxelles, le 4 octobre 1993. Il entra en vigueur, le 1er février 1995. Cet accord représente, de nos jours encore, la base des relations mutuelles.
Le 30 mars 1997 est devenu une date importante pour la République tchèque, quand elle a été choisie, avec cinq autres candidats, pour commencer les entretiens sur l'adhésion à l'Union européenne.
Le Sommet de l'Union européenne, qui s'est tenu à Nice, en France, du 7 au 11 décembre 2000, représente une étape importante sur le chemin de la République tchèque vers l'Union européenne. Les négociations ont été longues et compliquées, et le sommet fut le plus long dans l'histoire de l'Union européenne, mais en fin de compte, les délégués sont tombés d'accord sur un paquet de réformes internes permettant la préparation de l'Union à l'adoption de douze nouveaux membres. A Nice fut élaboré un système selon lequel, à l'avenir, chaque pays membre présenterait la nomination d'un membre de la Commission européenne, le principal organe exécutif de l'Union européenne, et cinq des membres les plus importants abandonneraient, à partir de 2005, leur second mandat au sein de cet exécutif. La majorité des observateurs pensent que cela conduira à l'affaiblissement de 'influence de la Commission. Les représentants des pays membres ont déterminé, en même temps, le nombre de voix des membres actuels et futurs à la législation européenne, le Conseil des ministres : La France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et l'Italie : 29 ; l'Espagne et la Pologne : 27 (la proposition première comptait avec moins de voix pour la Pologne, en dépit du fait qu'elle possède à peu près le même nombre d'habitants que l'Espagne, mais l'Allemagne a réussi à imposer la parité) ; la Roumanie: 15; les Pays-Bas: 13; la Grèce, la République tchèque, la Belgique, la Hongrie, le Portugal: 12; la Suède, la Bulgarie, l'Autriche : 10 ; la Slovaquie, le Danemark, la Finlande, l'Irlande, la Lituanie : 7 ; la Lettonie, la Slovénie, l'Estonie, Chypre, le Luxembourg : 4 ; Malte : 3. La nouvelle répartition des voix renforce l'influence des plus grands membres, qui craignaient de perdre une partie de leur pouvoir, en réunissant moins de voix que les Etats membres plus petits, mais unis, lors des votes, dans la future Europe élargie. Le sommet de Nice a aussi élaboré les plans de certains changements, dans le processus de décision de l'Union européenne, afin qu'une union plus large puisse être fonctionnelle. Dans certains domaines, les Etats membres ont décidé de sacrifier leur droit de veto. A l'avenir, les décisions seront souvent adoptées sur la base du « vote majoritaire qualifié », afin que les différents Etats ne puissent bloquer indéfiniement le processus de décision.
La conséquence de ces réformes est réprésentée par l'affaiblissement des Etats membres plus petits, ce qui est, peut-être, une mauvaise nouvelle pour la République tchèque. D'un autre côté, la scène politique tchèque s'est déclarée satisfaite de l'accord de Nice. Comme l'a déclaré le négociateur tchèque à l'entrée de la République tchèque dans l'Union européenne, Pavel Telicka: « Je pense que nous avons fait le clair sur l'élément le plus important de notre chemin vers l'U. E., et que cette dernière ne peut venir nous présenter une nouvelle condition, un nouveau problème que nous devrions résoudre ».
La meilleure nouvelle pour la République tchèque fut, certainement, la déclaration des représentants de l'U. E., à la fin du sommet, stipulant que les premiers nouveaux membres seront adoptés en 2004, encore avant les prochaines élections européennes.
Au sommet de l'Union européenne, à Laeken, non loin de Bruxelles, les 14 et 15 juin 2001, la République tchèque a fait un nouveau pas en avant, dans son ambition de devenir membre de l'Union. Le sommet fut, certes, marqué par les litiges ouverts entre les pays membres, mais il se termina, tout de même, par un succès. La République tchèque était sur la liste des dix pays candidats, considérés par l'Union européenne comme aptes à devenir membres à part entière, d'ici à 2004. L'accord de Laeken offrait aussi à quatorze pays candidats un siège (non pas le droit de vote), au sein de la nouvelle Convention. Celle-ci est née pour élaborer et préparer les modifications des accords fondamentaux de l'Union européenne, dans le cadre des préparatifs à l'élargissement.
Le vendredi 13 décembre 2002 fut une journée heureuse pour la République tchèque et neuf autres pays candidats. Lors du Sommet historique de Copenhague, qui a surpris par son calme déroulement, on a franchi le derniers grand obstacle, sur la voie conduisant à l'Union européenne. La totalité des membres de l'Union européenne a décidé des conditions financières de l'élargissement. Dans un langage réellement fleuri, le Premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, a caractérisé le sommet par les paroles suivantes : « Aujourd'hui, commence un nouveau chapitre. L'Europe déploie ses ailes dans la liberté, la prospérité et la paix ». Lors de ce sommet, la République tchèque a négociée de bien meilleures conditions que celles qu'elle attendait, par exemple, dans la sphère des paiements directs de l'Union et dans la question sensible des subventions à l'agriculture. Au mois de juin 2003, devrait avoir lieu, en République tchèque, le référendum sur l'adhésion à l'Union européenne.
Les réformes suivantes de l'Union européenne seront discutées au sommet de Berlin, en 2004, où devrait être défini le rapport entre Bruxelles, les pays membres et les régions.
La République tchèque, actuellement, est fortement orientée, du point de vue économique et politique, vers l'Ouest. Prague, pourtant, s'efforce de cultiver les relations avec d'autres pays de l'Europe centrale et de l'Est qui poursuivent le même objectif : atteindre les succès économiques de l'Europe de l'Ouest. Le Groupe de Visegrad a vu le jour en 1991 et porte le nom de la ville hongroise où se sont réunis les chefs de trois Etats. Aujourd'hui, après la partition de la Tchécoslovaquie, le groupe compte quatre membres : La République tchèque, la Slovaquie, la Pologne, la Hongrie. La coopération, au sein de ce groupe, a failli disparaître, après 1994, en raison surtout du refus de la coopération politique de la part du Premier ministre tchèque d'alors, Vaclav Klaus, mais elle s'est réveillée en mai 1999, lors de la rencontre des Présidents des quatre Etats, à Bratislava. Les succès du Groupe de Visegrad sont plutôt d'un caractère symbolique.
Le 21 décembre 1992, les membres du Groupe de Visegrad ont signé l'Accord centreuropéen sur le libre commerce (CEFTA). Plus tard, d'autres pays s'y sont joints : La Slovénie (1996), la Roumanie (1997), la Bulgarie (1997). De nos jours, les membres du CEFTA forment un marché commun de près de 90 millions de personnes.
Présentons un autre groupe régional, dans lequel figure la République tchèque, l'Initiative centreuropéenne, la SEI, qui a vu le jour en 1989, lors de la rencontre des Premiers ministres de l'Autriche, la Hongrie, l'Italie, la Yougoslavie, à Budapest. Aujourd'hui, la SEI compte seize membres et fonctionne sur une base non-formelle.
L'organisation qui défend les droits de l'homme et la démocratie, sur tout le continent européen, est le Conseil de l'Europe qui siège à Strasbourg. Il est né, comme beaucoup d'autres organisations européennes, après la Seconde Guerre mondiale, dans le but d'éviter la répétition d'une telle tragédie. La naissance du Conseil de l'Europe, en 1949, a été accélérée par l'augmentation de la tension entre l'Est et l'Ouest de l'Europe, qui a culminé par le « pont aérien de Berlin », en 1948. Après la chute du Mur de Berlin, en 1989, le Conseil de l'Europe a ouvert ses portes aux nouvelles démocraties de l'Europe centrale et de l'Est. La Tchécoslovaquie en est devenue membre en 1991.
En 1973, la Tchécoslovaquie, en commun avec les autres pays européens (sauf l'Albanie et Andorre) a rejoint le « processus d'Helsinki ». La Tchécoslovaquie a signé l'Acte final de la Conférence d'Helsinki de 1975, sur la base duquel les droits fondamentaux de l'homme devaient être sauvegardés sur tout le continent (un an plus tard est née la Charte 77, un appel des dissidents tchécoslovaques au gouvernement tchécoslovaque à respecter ces engagements). Aujourd'hui, la République tchèque est l'un des 55 membres de l'organisation qui est le descendant de la Conférence d'Helsinki, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, l'OSCE. L'OSCE a son siège à Vienne et possède un bureau à Prague.