Émissions internationales de la Radio tchèque 
9-8-2020, 21:19 UTC
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Frederique et Hervé Brien d’athlétisme ...
De nombreux sportifs tchèques ou tchécoslovaques ont marqué leur époque et restent dans notre mémoire. Ils se sont illustrés dans différentes disciplines telles que le football, le tennis ou l’athlétisme.
Le nom de certains est passé à la postérité ou est même désormais associé à un geste technique. En effet, qui n’a pas entendu ces expressions «courir comme Zátopek» ou en football, il vient de réussir une magnifique «Panenka» ?
Dans le tennis, qui ne se souvient pas non plus des exploits d’Ivan Lendl ou Martina Navrátilová ?
Plus récemment dans le football, nous aurions pu également évoquer Milan Baroš, Pavel Nedvěd ou encore Vladimír Šmicer que nous avons croisé et apprécié lors de son passage au club des Girondins de Bordeaux.
Non, nous avons choisi un sport moins médiatique où deux de vos plus grands champions nous ont émerveillés aussi bien par leurs qualités humaines que sportives, le décathlon.
Nous habitons une ville qui organise depuis 1976, un meeting d’athlétisme de renommée mondiale consacré exclusivement à l’heptathlon féminin et au décathlon masculin et qui porte un nom tout en symboles «Le DécaStar ou les dieux du stade». Ce nom illustre bien cette discipline où tous ces athlètes accomplissent sur 2 jours de véritables exploits.
Depuis un peu plus d’une dizaine d’année, deux athlètes tchèques d’exception ont marqué le décathlon, Tomáš Dvořák, plusieurs fois champion du Monde et Roman Šebrle, actuel recordman du monde en nombre de points et seul décathlonien a avoir été champion d’Europe, champion du Monde et champion Olympique.
Si le premier a mis fin récemment à sa carrière, le second sera toujours là pour les prochains jeux olympiques.
Suivant ces épreuves depuis 1995, nous avons pu découvrir et suivre la progression de Tomáš et Roman, mais outre les exploits et les performances accomplis, nous retiendrons de toutes ces années deux moments qui nous ont particulièrement touchés.
En 2006, nous avions remarqué une certaine tristesse sur le visage de Tomáš tout au long de l’épreuve. Les résultats cette année là n’étaient pas au rendez-vous, mais il nous semblait que cette tristesse était due à autre chose. Nous avons compris quelques jours plus tard lorsque Guillaume Narguet l’a annoncé dans sa rubrique: Tomáš prenait sa retraite en tant que compétiteur et nous ne le verrions plus sur les stades. Un seul regret, ne pas lui avoir dit merci pour toutes ces années où il nous a impressionné par ses performances, sa ténacité mais surtout par son grand respect du public et des autres athlètes.
Merci, j’ai eu l’occasion l’année dernière de le dire à Roman.
Ayant acheté un ouvrage consacré au Décastar illustré de photos de tous les grands champions venus à Talence, j’étais bien décidé à recueillir un autographe sur ce livre et j’ai «poursuivi» Roman pendant ces 2 jours.
Malgré toute sa gentillesse il était très sollicité et difficilement approchable. Enfin, le dimanche après-midi au milieu de la foule, j’ai réussi à lui donner mon livre. Roman a signé la photo que je lui tendais et je l’ai remercié par un grand «Děkuji». Roman a levé la tête, m’a regardé et j’ai à ce moment là vu un grand étonnement sur son visage et je ne saurai jamais si celui-ci a été provoqué par ce «merci» dans sa langue maternelle ou par mon accent.
Bonne chance à Roman pour la prochaine olympiade et encore merci à ces deux grands champions.
Voilà notre histoire avec les sportifs tchèques qui tient un peu de l’anecdote. Mais suivez pendant deux jours sur un stade les exploits des ces athlètes pour qui le seul véritable adversaire est leur propre record personnel dans dix disciplines aussi différentes les unes que les autres et vous comprendrez pourquoi nous les appelons «les dieux du stade», pourquoi nous les avons évoqués ici et pourquoi Tomáš et Roman resterons dans nos mémoires.